Dépôt de l’initiative de l’USS sur les salaires minimums – Un pas de plus vers des salaires garantis et décents
Le peuple suisse pourra décider maintenant lui-même des mesures destinées à encourager les conventions collectives de travail (CCT) ainsi qu’à lutter contre la sous-enchère salariale et les bas salaires. Aujourd’hui, l’Union syndicale suisse (USS), avec ses fédérations et des organisations amies, a en effet déposé à la Chancellerie fédérale l’initiative populaire « Pour la protection de salaires équitables (Initiative sur les salaires minimums) », munie de plus de 111 000 signatures.
Salaire minimum légal – Désormais, Angela Merkel y pense aussi à voix haute
ce jour, contrairement à de nombreux pays européens – sauf la Suisse, l’Allemagne ne connaît toujours pas de salaire minimum légal. Certes, syndicats et partis de gauche en demandent un depuis longtemps, mais la majorité démocrate-chrétienne s’y oppose de toutes ses forces. Toutefois, il y a quelques jours, la chancelière allemande Angela Merkel a ouvertement fait volte-face sur cette question.
Ewald Ackermann, rédacteur de l’USS/fq
Il a dû se sentir longtemps très seul Karl-Josef Laumann, cet ancien syndicaliste d’IG-Metall, aujourd’hui, en tant que président national de la « Christlich-Demokratische Arbeitnehmerschaft », chef de file de l’aile chrétienne-sociale de la CDU (démocratie-chrétienne). Les dirigeants de son parti jugeaient en effet totalement inutile de faire figurer dans le catalogue de revendications de la CDU l’idée d’introduire un salaire minimum légal, portée par la gauche et les syndicats. Or, depuis la fin octobre, la situation a changé : la chancelière Merkel en personne – avec sa ministre du Travail, van der Leyen – est désormais favorable à un salaire plancher fixe, une « feste Lohnuntergrenze », autrement dit : un salaire minimum garanti par l’État. L’option actuellement retenue est de confier à une commission des partenaires sociaux la tâche d’édicter un tel salaire dans les branches où aucune négociation collective ou salariale n’a lieu et de l’adapter régulièrement. Il est actuellement question d’un salaire horaire d’à peine 7 euros pour la partie est du pays et de 8 euros pour la partie ouest. Mais le DGB, le pendant allemand de l’Union syndicale suisse (USS), demande au moins 8,50 euros pour l’ensemble du pays.
À ce revirement des plus remarquables auquel l’on a assisté aux étages supérieurs de la hiérarchie politique allemande, on trouve deux types de raisons :
- Plus l’on parle de salaires minimums et plus des recherches empiriques sont effectuées à leur sujet, plus il apparaît que les équations du style : « salaires minimums = plus de chômage », déduites à partir de constructions idéologiques purement néolibérales, reflètent uniquement l’opinion de leurs auteurs et non pas la réalité des faits. Ainsi, la ministre du Travail van der Leyen a également demandé à six instituts de recherche allemands d’étudier l’incidence économique des salaires minimums fixés. Et, grâce à une indiscrétion, on sait désormais qu’aucune de ces études n’a trouvé d’effets négatifs aux salaires minimums.
- Dans un pays où 7 % des salarié(e)s travaillent pour des salaires bruts inférieurs à 6 euros de l’heure (et cela, sans tenir compte des apprenti(e)s et des « travailleurs/travailleuses à 1 euro » !), c’est-à-dire pour un salaire mensuel brut de 1 000 euros, dans un tel pays règne de ce fait une misère sociale avec laquelle il n’est pas possible de gagner des élections fédérales. La chancelière, entre autres, doit bien le savoir.
Cette volte-face de la chancelière Merkel n’est-elle par conséquent qu’un réflexe pragmatique de survie de sa part ? Et parviendra-t-elle à convaincre les ailes frondeuses, libérale et conservatrice, de son parti ? À ce jour, nul ne le sait. Mais le feu vert donné par Angela Merkel à un salaire minimum légal en Allemagne représente un signe très fort.
Récolte de signatures du 6 au 8 octobre pour l’initiative sur les salaires minimums
Du 6 au 8 octobre, ainsi que des jours avant et après, des récoltes de signatures pour notre initiative sur les salaires minimums auront lieu dans toute la Suisse. Vous trouverez ici une vue d’ensemble des actions de récolte. Merci de bien vouloir annoncer toute autre récolte de signatures à marco.kistler@sgb.ch. D’avance merci à tous et toutes nos zélés récolteurs et récolteuses !
| Aarau | 8.10. | Igelweid | 8:15-12:00 |
| Altstätten | 8.10. | Marktgasse | 15:30 |
| Bad Ragaz | 8.10. | Bartholoméplatz | 11:00 |
| Baden | 8.10. | Badstrasse | 9:00-12:00 |
| Basel | 20.10. | 7:00-9:00 | |
| Bern | 6.10. | Breitenrainplatz | 8:00-21:00 |
| Bern | 7.10. | Breitenrainplatz | 8:00-18:30 |
| Bern | 8.10. | Breitenrainplatz | 8:00-16:00 |
| Buchs | 8.10. | Bahnhofstrasse | 14:00 |
| Burgdorf | 05.10. | ||
| Delemont | 08.10. | ||
| Delemont | 01.10. | ||
| Fribourg | 28.9. | 8:00-12:00 | |
| Fribourg | 11.10. | 12:00-17:00 | |
| Genf | 6.10. | Place des Nations | ab 18:00 |
| Genf | 7.10. | Place des Nations | ab 9:30 |
| Gossau | 6.10. | vor Coop und KB, St. Gallerstrasse | 15:00 |
| Heerbrugg | 1.10. | Am Markt | 13:30 |
| Huttwil | 05.10. | ||
| Langenthal | 05.10. | ||
| Langenthal | 08.10. | ||
| Langnau i.E. | 05.10. | ||
| Lausanne | 7.10. | ||
| Lausanne | 7.10. | en ville | midi |
| Lichtensteig | 30.9. | 16:00 | |
| Luzern | 6.10. | Standaktion | 12:00 |
| Luzern | 6.10. | Wahlkampfaktion | 18:00 |
| Luzern | 8.10. | Wahlkampfaktion | 09:00 |
| Luzern | 8.10. | Wahlkampfaktion | ? |
| Porrentruy | 08.10. | ||
| Porrentruy | 01.10. | ||
| Rorschach | 1.10. | Marktplatz | 09:00 |
| Schänis | 7.10. | Rathausplatz | 17:00 |
| Schmerikon | 7.10. | Tönierhaus | 14:30 |
| St. Gallen | 6.10. | Bärenplatz | 11:00-19:00 |
| St. Margrethen | 1.10. | 11:00 | |
| Utzwil | 6.10. | Bahnhof | 6:00-8:00 |
| Uznach | 7.10. | Seeanlage | 12:00 |
| Walenstadt | 8.10. | altes Rathaus | 09:00 |
| Wattwil | 30.9. | Bräggerplatz | 18:00 |
| Wil | 30.9. | Obere Bahnhofstrasse | 13:00 |
| Zürich | 6.10. | Limmatplatz | 11:00-17:00 |
| Zürich | 8.10. | Marktplatz Oerlikon |
Ouvriers payés moins de quatre francs de l’heure à Aclens
Le syndicat Unia a bloqué jeudi matin un gros chantier à Aclens (VD). Des ouvriers détachés par une entreprise portugaise recevaient des salaires inférieurs de 80% à la CCT. L’entreprise adjudicataire allemande s’est engagée à les payer au tarif suisse.
http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu/ouvriers-payes-francs-heure-aclens-2011-09-29
Rapport d’expert(e)s
En Suisse comme en Europe, les salaires minimums ont le vent en poupe. Tel est le résultat d’un rapport d’expert(e)s de l’Union syndicale suisse (USS) présenté par cette dernière lors d’une con-férence de presse.
- Version abrégée
- Communiqué de l’USS
- Résultats du sondage
- Paul Rechsteiner, président de l’USS: « Salaires minimums en Suisse – Une avancée de toute urgence nécessaire et populaire pour un avenir prospère! »
- Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS: « Salaires minimums: un important besoin d’agir »
- Alessandro Pelizzari, secrétaire régional Unia Genève: « Le salaire minimum légal: Une mesure d’accompagnement nécessaire dans les régions frontalières »
- Danièle Lenzin, coprésidente de syndicom: « Ein Gesamtarbeitsvertrag für die Medienschaffenden in der Deutschschweiz und im Tessin; höhere Mindestlöhne für die Buchhandelsangestellten »
Maire de Genève: Tout travail mérite un salaire décent
C’est la maire de Genève, Sandrine Salerno qui le dit : il faut mettre fin au scandale des travail-leurs et travailleuses pauvres. Mieux répartir les richesses dans un pays où, par exemple, des centaines de milliers d’enfants vivent dans la précarité et permettre aux pouvoirs publics d’économiser dans la prise en charge des plus démunis. Tels sont quelques-uns des principaux buts de l’initiative sur les salaires minimums lancée par l’Union syndicale suisse et la gauche.
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